SIXIÈME LETTRE.
M....
Le 23 septembre,
assez tard dans l'après-midi, je fis mes adieux aux créoles, aux Canadiens et
aux métis. Je les exhortai à bien régler leur conduite, à bien prier et à
espérer que le Seigneur leur enverrait bientôt des secours spirituels, pour
leur bonheur temporel et éternel et pour celui de leurs enfants. Je donnai la
main, pour la dernière fois, à tous les grands chefs, et à un grand nombre de
sauvages, alors présents, et, leur adressai quelques paroles encourageantes
pour leur bonne conduite future, promettant de plaider leur cause devant « les
grands chefs des Robes noires, » à qui je ferais connaître leurs désirs, leurs
bonnes intentions et les sentiments qu'ils m'avaient exprimés; tandis qu'eux de
leur côté imploreraient, chaque jour, « le Maître de la vie, » dans toute
la sincérité de leur cœur, de leur envoyer des prêtres zélés, qui leur
apprendraient à bien connaître le chemin du salut, que Jésus-Christ, son fils
unique, est venu tracer à tous ses enfants sur la terre.
Je me dirigeai
alors vers l'endroit appelé « les Fontaines, » à une distance de
quatorze milles, dans les environs de la maison de traite à Robidoux,
que le colonel Mitchell avait nommée le « Rendez-vous, » pour tous
ceux qui se proposaient de se rendre immédiatement aux États...
Le 24, avant le
lever du soleil, nous partîmes en bonne et grande compagnie. Je visitai en
passant deux maisons de traite, pour y baptiser cinq enfants métis. Dans le
courant de la journée, nous passâmes le fameux rocher appelé la Cheminée, tant
de fois décrit par les voyageurs. Je l'avais déjà vu en 1840 et 1841, dans mes
deux premiers voyages aux Montagnes-Rocheuses, et j'en ai parlé dans mes
lettres. Je trouve que la Cheminée a beaucoup diminué depuis en hauteur.
Nous jetâmes un
dernier coup d'oeil sur les singulières productions
de la nature, le Vieux-Château et la Tour, qui se trouvent dans le voisinage de
la Cheminée, et qui ressemblent aux ruines d'anciennes maisons seigneuriales,
couvrant plusieurs arpents de terre, et présentant une surface très-élevée et
entrecoupée au milieu d'une plaine unie.
Arrivés sur la
Platte, à l'endroit appelé « le Ravin des Frênes, « Ash
Hollow, » nous nous dirigeâmes vers la
Fourche du Sud, à la distance de quinze milles, à travers une belle route ondoyante,
sur un terrain très-élevé. Ici nous rencontrâmes le prince P......, accompagné
seulement d'un officier prussien. Ils se proposaient d'aller faire une visite
et une chasse dans les montagnes de la rivière au Vent. Nous échangeâmes nos
petites nouvelles, et nous reçûmes avec plaisir les informations intéressantes
que le prince nous donna. Il faut que Son Excellence ait vraiment du courage,
surtout à son âge, pour faire une si longue route, dans un pareil désert, avec
un seul homme pour toute suite, et dans un misérable petit char ouvert, qui
portait le prince, l'officier, tout leur bagage et toutes leurs provisions. On
m'a dit plus tard que le dessein du prince était d'aller choisir un endroit
convenable, situé le long des montagnes au Vent, propre à l'agriculture, pour
une grande colonie allemande. Nous vivons dans un siècle où les merveilles se
multiplient; l'on ne pourrait dire ce qui peut avoir lieu à un temps rapproché
en fait de colonisation, quand on a été témoin du succès des Mormons qui, en moins
de cinq années, ont changé la face d'un affreux désert et y vivent dans une
grande abondance. Cependant j'ose avancer que si réellement, ce que j'ai peine
à croire, le prince a formé le projet qu’on lui suppose, je plains de tout mon
cœur ceux qui s'embarqueront les premiers pour cette expédition. Les ennemis
qu'ils auront à combattre sont encore trop puissants : les Corbeaux, les
Pieds-Noirs, les Sioux, les Shéyennes, les Arapahos et les Serpents sont les tribus les plus
redoutables et les plus guerrières du désert. Une colonie qui s'établirait dans
un tel voisinage et contre le gré de ces tribus, trouverait les plus grands
obstacles à vaincre et les plus grands dangers à courir. L'influence de la
religion seule pourrait préparer ces parages à une telle transformation. Les
promesses et les menaces des colonisateurs, les fusils et les sabres ne feront
jamais ce que peut faire la parole de paix d'une Robe noire, la vue du signe
civilisateur de la croix.
De la traverse de
la Fourche du Sud jusqu'à la jonction des Grandes Fourches, on compte la
distance de soixante et quinze milles, et de là au fort Kearny
cent cinq milles. Le bois est très-rare sur les bancs de la rivière Platte ou Nébraska. Depuis la jonction des deux fourches jusqu'à son
embouchure, la vallée a de six à huit milles de largeur, tandis que le lit de
la rivière mème est large d'environ deux milles. Au
printemps, à la fonte des neiges, lorsque cette rivière se remplit, elle
présente une surface d'eau magnifique avec un grand nombre d'îles et d'îlots,
couverts de verdure, bordés de cotonniers et de saules. Pendant l'automne, au
contraire, elle est très-peu intéressante et perd toute sa beauté. Ses eaux
s'écoulent alors par un grand nombre de passages ou de canaux presque
inaperçus, entre les bancs de sable qui couvrent le lit de la rivière dans
toute sa largeur et dans toute son étendue.
Lorsque le bois
manque, ce qui arrive assez souvent sur le Nébraska,
on se sert de la fiente de buffle pour préparer les repas, et, lorsqu'elle est
sèche, elle brûle comme la tourbe.
Le sol de cette
vallée est généralement riche et profond, mêlé toutefois de sable dans
plusieurs endroits; on y ;trouve une grande variété de gazons, qui, avec les
plantes couvertes de magnifiques fleurs, présentent un vaste champ à l'amateur
de la botanique. A mesure qu'on s'éloigne de la vallée, on remarque un
changement très-sensible dans les produits du sol : au lieu d'une végétation
robuste et vigoureuse, vous trouvez les plaines couvertes d'un gazon court et
frisé, très-nourrissant cependant et recherché par les bandes innombrables de
buffles et autres animaux qui y paissent.
Le 3 d'octobre,
nous arrivâmes au fort Kearny, où le surintendant
Mitchell eut une conférence avec une députation de chefs et de guerriers de la
tribu des Pawnies au nombre de vingt. Ils exprimèrent
leur regret de ce que, n'ayant pas assisté au grand conseil, ils se trouvaient
en conséquence exclus des avantages que le traité allait procurer aux autres
tribus, et n'avaient eu aucune part dans les présents envoyés par le
gouvernement. Ils firent toutefois des promesses solennelles d'adhérer à
l'esprit du traité et d'exécuter les ordres de leur « grand Père le
Président, » qui désire qu'ils vivent en paix avec leurs.voisins,
et ordonne la cessation de toute déprédation exercée contre les voyageurs des
États-Unis qui traversent leur territoire. Ces chefs et guerriers reçurent
poliment et à la façon des sauvages les différentes députations qui nous
accompagnaient pour se rendre à Washington, c'est-à-dire, les Sioux, les Sheyennes et les Rapahos,
jusqu'alors leurs ennemis mortels, et les régalèrent de festins, de danses et
de chansons. « Mon cœur bondit de joie et rit, » s'écria le chef des Pawnies Loups, « puisque je me trouve en présence de ceux
que depuis mon enfance on m'a appris' à regarder comme mes ennemis mortels. Sheyennes, c'est moi et mes guerriers qui avons fait tant
d'incursions sur vos terres, pour voler des chevaux et pour enlever des
chevelures. Oui, mon cœur bondit de joie, car il n'a jamais rêvé de vous voir
face à face, et de vous toucher la main en ami. Vous me voyez pauvre, je n'ai
pas même un cheval à monter. Eh bien! je marcherai joyeusement à pied le reste
de ma vie, si le casse-tête peut être enseveli de part et d'autre. » Il offrit le calumet à tous les députés et
plusieurs l'acceptèrent. Un jeune chef sheyenne,
appelé «celui qui monte le nuage, refusa de le toucher et répondit au Pawnie : « Ce n'est ni toi, ni ton peuple, qui
m'avez invité sur vos terres. Mon père, ajouta-t-il, en montrant du doigt le
surintendant, m'a prié de le suivre, et je le suis; je n'accepte point ton
calumet de paix, de crainte de te tromper. Peut-être, au moment que je te
parle, nos braves guerriers sont à la recherche des loges de ta nation. Non, je
ne veux pas te tromper, et sache que la paix n'existe pas encore entre nous. Je
parle ici sans crainte et clairement, je me trouve sous le drapeau de mon père.
»
Les allusions du Sheyenne ne paraissaient aucunement diminuer la bonne
harmonie qui semblait exister; les danses, les chants, les discours et les
festins se prolongèrent bien avant dans la nuit. Voici les noms des députés
sauvages. Les députés sheyennes sont : la
Gazelle blanche, ou Voki vokammast; la Peau rouge, ou Obalawska;
l'Homme qui monte les nuages, ou Voive atoish. Les députés rapahos
sont : la Tête d'aigle, ou Nehunutah; la
Tempête, ou Nocobotha; Vendredi, ou Vash. De la nation des Sioux; l'Unicorne, ou Haboutzelze; le Petit Chef, ou Kaive
ou nève; l'Homme à écailles, ou Pouaskawit cah cah; la Biche sur ses gardes, ou Chakahakeechtak;
l'Oie, ou Mawgah : ce dernier appartient à la
bande des Sioux Pieds-Noirs. Les deux Ottos avec
leurs femmes, qui nous rejoignirent plus tard, sont : le Cerf-Noir; ou Wah-rush-a-menec, avec sa femme la Plume à l'aigle,
ou Mookapec; l'Ours noir, ou Wah-sho-chegorah, avec sa femme l'Oiseau qui chante,
ou Hou ohpec.
Au fort Kearny, nous nous séparâmes du colonel Mitchell et de sa
suite, qui prirent le chemin de la rivière à la Table. Je me joignis au major Fitzpatrick et aux députés, et nous suivîmes la route du
sud, qui traverse le territoire indien.
L'étendue de pays
qui se trouve entre les frontières du Missouri et la grande rivière Bleue,
pendant l'espace d'environ deux cents milles, présente une grande uniformité
dans touts ses principaux traits caractéristiques. Cette contrée offre, en
général, de belles prairies ondoyantes, un sol très-argileux, riche en dépôts
de matières végétales. Elle est arrosée par des rivières et des ruisseaux
innombrables, tributaires des rivières Kanzas, Nébraska, Arkansas, Missouri et Osage.
Toutes ces rivières, sauf quelques rares exceptions, sont bien boisées; on y
voit des forêts de chênes et de noyers de différentes espèces, d'érables, de
cotonniers, et une variété d'arbres qu'on retrouve dans les forêts à l'est. Les
côtes et les coteaux, dans plusieurs endroits, abondent en belles fontaines
environnées de superbes bosquets arrangés avec autant d`ordre et de goût que
s'ils eussent été plantés par la main de l'homme, tandis qu'une verdure et un
gazon luxuriant émaillé de fleurs odoriférantes prennent la place des
broussailles.
Les prairies, de
tous côtés environnées de foréts qui couvrent les
courants d'eau, présentent à la vue un océan de verdure parsemée de fleurs,
qu'on voit s`agiter par les vents et qui parfument l'air d'odeurs variées. Les
courants d'eau sont clairs; ils coulent sur des lits rocailleux entre des rives
élevées et abondent en poissons. La vallée du Kanzas
est large, d'un sol brun, végétal et profond; on peut en dire autant des
vallées des autres rivières dans ce territoire, qui sont toutes propres à
l'agriculture. Toute la contrée présenta le double avantage d'être propre aux
travaux agricoles et de contenir en abondance des pâturages, où des millions
d'animaux pourraient être élevés à peu de frais.
Le major Fitzpatrick avait préféré la route du sud, pour donner à
nos amis les députés sauvages une occasion d'être par eux-mêmes témoins du
progrès que peuvent faire les nations dans l'agriculture et dans les arts
mécaniques. Il voulait ainsi leur montrer ces travaux et ces fruits qui
conduisent graduellement au bonheur et à l'aisance, et leur faire sentir d'une
manière pratique qu'en adoptant des habitudes d'industrie, l'homme n'a pas
besoin de rôder et de voyager dans tous les endroits, souvent avec incertitude
et dans la plus grande pénurie de vivres; mais qu'il peut facilement se créer
une abondance autour de soi, par une industrie persévérante et bien réglée.
Nous arrivâmes à
Sainte-Marie, parmi les Potowatomies, le 11 d'octobre.
Monseigneur Miége, et tous les autres Pères de la
mission nous y reçurent avec une grande cordialité et une bienveillance
extrême.
Une quantité de
végétaux et de fruits, tels que patates, carottes, navets, citrouilles, panais,
melons, pommes et pêches, furent placés devant les Indiens; ils y firent
grandement honneur. La chose avait été concertée pour leur donner le goût du
travail par le goût des légumes. Aussi, un des principaux députés, la Tête
d'aigle, me dit : « Aujourd'hui, Père, nous comprenons tes paroles. Tu nous as
dit dans le camp que les buffles disparaîtraient, au bout de quelques années,
de notre territoire; que nous avions à prendre les mesures à temps contre la
disette; qu'alors du sein de la terre nous pourrions arracher la subsistance et
l'abondance pour tous nos enfants. Lorsque tu nous parlais, nos oreilles
étaient encore fermées; aujourd'hui elles sont ouvertes, car nous avons mangé
les produits de la terre... Nous voyons ici un peuple heureux, bien nourri et
bien habillé. Nous espérons que le grand père (l’évêque) aura aussi pitié de
nous et de nos enfants. Nous serons contents d'avoir des robes noires parmi
nous, et nous écouterons volontiers leur parole. » Le jour suivant était un dimanche, et tous
assistèrent à la grand'messe. L'église se trouva bien
remplie; le chœur, composé de métis et d'Indiens, chanta admirablement le Gloria,
le Credo, et plusieurs cantiques. Le révérend père Gailland
fit en langue potowatomie un sermon qui dura trois
quarts d'heure. Le nombre des communiants était grand. Tout ceci, joint à
l'attention, à la modestie et à la dévotion de tous les auditeurs, dont
quelques-uns avaient des livres de prières, et d'autres des chapelets, fit une
profonde et, je l'espère, une durable impression sur l'esprit de nos sauvages
des plaines. Durant plusieurs jours ils ne cessèrent d'en parler et de
m'interroger sur la doctrine qui doit les rendre heureux et les conduire au
ciel. Nous trouvâmes la mission dans une condition très-florissante. Les deux
écoles sont très-fréquentées; les dames du Sacré-Cœur ont su gagner l'affection
des filles et des femmes de la nation, et y travaillent avec le plus grand
succès. Les Potowatomies rapprochent de plus en plus
leurs demeures de l'église et de « leurs bons pères; » ils ont commencé avec
résolution à cultiver et à élever des animaux domestiques. Chaque dimanche, les
Pères ont la douce consolation de contempler une belle assemblée d'Indiens
réunis dans la cathédrale en bois, et d'y voir quatre-vingts à cent vingt
personnes s’approcher pieusement de la sainte table. Nous passâmes à la mission
deux jours en visites; les sauvages quittèrent l'établissement le cœur rempli
de joie et de consolation et dans l'attente de trouver un jour un semblable
bonheur dans leurs propres tribus. Ah! puisse cette attente se réaliser enfin!
Le temps était
beau; en trois jours nous nous rendîmes à Westport et
à Kanras, sur le Missouri.
Le 16 d'octobre,
nous prîmes nos places à bord du bateau à vapeur Clara.
Nos députés indiens n'avaient jamais vu un village ou établissement de blancs;
sauf ce qu'ils avaient vu au fort Laramée et au fort Kearny, ils ne connaissaient rien de la construction des
maisons. Ils furent par conséquent remplis d'admiration, et lorsqu'ils virent
pour la première fois un bateau à vapeur, leur étonnement fut au comble,
quoique mêlé d'une certaine crainte quand ils allèrent à bord. Un temps assez
considérable se passa avant qu'ils pussent s'accoutumer au bruit et à la
confusion que le sifflement et l'échappement de la vapeur, et les sons de la
cloche, etc., occasionnaient. Ils appelèrent le bateau « le canot à feu »
et se réjouirent à la vue d'un autre bateau qui montait la rivière avec un « papoos, » ou petit enfant, « l'esquif attaché
derrière le gouvernail. » Depuis que
leurs appréhensions de danger avaient disparu, leur curiosité augmentait; ils
prenaient le plus grand intérêt à tout ce qu'ils voyaient pour la première
fois. Ils avaient leur grand costume et restaient assis sur le tillac; à
l'approche de chaque ville et de chaque village, ils les saluaient par des cris
de joie et des chansons.
Le 22 d'octobre,
nous arrivâmes au port de Saint-Louis.
Quelques jours
après, tous les membres de la députation indienne furent invités à un festin
dans notre université. Ils se réjouirent de la réception et surtout des paroles
encourageantes du révérend père provincial, ainsi que de l'espoir qu'il leur
donnait d'avoir des robes noires parmi eux, espoir qui se réaliserait peut-être
avant peu de temps.
Je joins à cette
lettre une vue en forme de table de la nation des Sioux, etc., sur le Haut-Missouri, et des localités qu'ils occupent
aujourd'hui; elle est faite d'après les meilleurs renseignements que j'ai pu
recueillir et que j'ai tirés principalement du journal de M. Thaddée Culbertson, publié à Washington.
Veuillez me
croire avec le plus profond respect. Je recommande tous les pauvres sauvages à
vos bonnes prières.
Agréez, etc.
P.-J. DE SMET, S.J.
P. S. - On trouve fréquemment le mot médecine
dans les lettres écrites sur les idées religieuses, les pratiques et les
coutumes de tous les sauvages de l'Amérique du Nord. Il est nécessaire de faire
connaître la signification que les sauvages eux-mêmes donnent à ce mot.
Le terme Wah-Kon est employé par les Indiens pour exprimer
toute chose qu'ils ne peuvent comprendre, soit surnaturelle, soit naturelle,
soit mécanique. Une montre, par exemple, une orgue, un bateau à vapeur, toute
autre pièce de mécanisme, dont les mouvements ou la construction sont au-dessus
de la portée de leur esprit, sont appelés Wah-Kon.
Dieu est appelé Wah-Kon-Tonga, ou le Grand
Incompréhensible. Le mot tonga en sioux
signifie grand ou large.
La traduction
exacte de ce mot est incompréhensible, inexplicable. Il a été mal
traduit par les blancs qui le rendent toujours par médecine; ainsi, par
exemple, le mot Wah-Kon-Tanga, ou Dieu,
a été rendu par la grande médecine.
Depuis, le mot médecine
a été si universellement appliqué aux différentes cérémonies religieuses et
superstitieuses des Indiens, que tous les voyageurs s'en servent dans leurs
écrits sur les indigènes de ce pays.
Cependant le mot médecine,
appliqué aux cérémonies religieuses et superstitieuses des Indiens, n’a aucun
rapport aux traitements des maladies du corps. Mais ce mot ayant été
universellement adopté, je dois m'en servir dans mes relations sur les Indiens.
C'est de là que dérivent les termes de fête de médecine, chemin de
médecine, loge de médecine, danse de médecine, homme de
médecine, etc.; comme aussi sac de médecine, ou sac qui contient les
idoles, les charmes, les objets superstitieux.
Mon intention en
donnant cette petite note est de faire la distinction entre le mot médecine
employé dans le sens de médicament, et le même mot, appliqué aux
charmes, aux invocations religieuses, aux cérémonies.
|
NATIONS.
|
BANDES.
|
CONTREES.
|
LANGAGES.
|
|
SHEYENNES,
300 loges,
3,000 âmes
|
La bande du Soldat-de-Chiens, du Loup-Jaune, du Métis, des Taureaux,
des Vaches-Noires, des Chiens-Fous, des Jeunes-Chiens, des Renards, des
Corbeaux.
|
A l'ouest des
Côtés- Noires, originaires du Missouri, au 47e degré de latitude
nord à l’ouest du Missouri.
|
Langage propre,
langue de la Fourche-des-Prairies.
|
|
MANDANS,
30 loges,
150 âmes.
|
Les Faisans.
|
Village
permanent sur le Missouri.
|
Langage propre.
|
|
MINATARIES,
85 loges,
700 âmes.
|
La bande des
Loups, Des Chiens-Fous, des
Chiens, des
Vieux-Chiens, des Taureaux, des Chevreuils à queues noires.
|
Village
permanent sur le Missouri au fort Berthold.
|
Langue qui
approche de celle des Corbeaux.
|
|
ASSINIBOINS,
1,500 loges.
|
La bande des
Canots, du Gaucher.
|
Au nord du
Missouri à l'est des Pieds-Noirs.
|
Langue des
Sioux.
|
|
CORBEAUX
400 loges,
1,800 âmes.
|
Les Corbeaux,
les Suceurs-de-Jus, qui se divisent en 12 petites
bandes comme suit : bande de la Bête-Puante, Mauvaises-Mitasses qui campe
proche, les Trompeurs, les Bouches-Rouges, les Mauvais-Coups, les Chiens-de-Prairie, les Loges attaquées, les Shiptelza les Coups de pied dans le ventre, les Loges
sans Chevaux, les Déterreurs-de-Racines.
|
La vallée de la
Roche-Jaune.
|
Langage propre.
|
|
PIEDS-NOIRS,
1,200 loges,
9,600 âmes.
|
Les
Pieds-Noirs, les Gens-du-Sang, les Pégans, Les Gros-Ventres, les Surcies,
les Pieds-Noirs du Nord et du Sud, les Mangeurs-de-Poissons,
le Poil-en-Dehors, les Petites-Robes, les Gens qui ne rient pas, les Gens-du-Sang, la bande de Fiente-de-Buffle.
|
Leur pays est
au nord
du Missouri, à
l'ouest des Assiniboins.
|
Parlent trois
différentes langues.
|
Tableau de la
nation … Haut-Missouri.
Nations : Les
Sioux ou Dacotahs environ 3,000 loges ou 30,000 âmes
(10 individus par loge).
|
TRIBUS.
|
SOUS-TRIBUS.
|
BANDES
PRINCIPALES.
|
CONTRÉE.
|
PRINCIPAUX
CHEFS.
|
|
Jantons, 300 loges.
|
La bande des Lumières
|
Vallée de la rivière à Jacques
|
L'Homme qui frappe l'abeille
L'Ours graissé
Le Nuage rouge
|
|
Ceux qui ne mangent pas l'oie
|
|
Ceux qui ne font pas cuire
|
|
Jantonnois, 330 loges.
|
Ceux qui ne mangent pas le bison
|
À l'ouest des Yanktons et au nord du Missouri
|
L'Homme qui dit vrai
Le Collier à
osselets
Les Deux Ours
L'Araignée
blanche
|
|
Les Coupe-têtes
|
|
Les Gens
des perches
|
|
Les peu
qui vivent
|
|
Les Titans,
2280 loges.
|
Les Brûlés,
500 loges
|
Les Gens qui tirent dans les pins
|
Rivière l'Eau qui court,
Rivière Platte
et
Rivière Blanche
|
Le Petit Tonnerre
Le Corps de
l'aigle
L'Écaille de
fer
Le Taureau
rouge
Le Mauvais
Taureau
Le Tonnerre
Blanc
|
|
Les Faisans
|
|
Les Orphelins
|
|
Les gens qui font cuire la chair
|
|
Les Chevaux à longues jambes
|
|
Ceux qui font cuire leurs plats
|
|
Les Mauvais
Bras
|
|
Les Gens
du milieu
|
|
Les Mangeurs
de Corbeaux
|
|
Les Gens
des coupes
|
|
Les Sioux, Pieds-Noirs
450 loges.
|
Les Gens aux pieds noirs
|
Rivière Cheyenne,
Boulet de
canon,
Rivière Grande
|
Le Petit Ours
Les Pieds
blancs
La Côte d'ours
Les Quatre
Cornes
La Corne Rouge
|
|
Les Gens à mauvaises figures
|
|
Les Avant-derniers
|
|
La bande de la Plume du Corbeau
|
|
La bande de la Médecine du diable
|
|
Les Sioux,
Onkepapah,
329 loges.
|
Les Gens à moitié cuits
|
|
Les Colliers de Chair
|
|
Les Dormeurs
des Chaudières
|
|
Les Dos blessés
|
|
Les Mauvais
Arcs
|
|
Les Gens
qui portent
|
|
La Rivière
qui court
|
|
Minikanjou
270 loges.
|
Ceux qui ne mangent point de chiens
|
Tête de la Cheyenne,
les
Côtes-Noirs (Collines-Noires)
|
Le Petit Brave
Le Poisson
Rouge
Les Pieds
d'oreilles de plumes
La Plume du
corbeau
L'Ours
paresseux
L'Homme de
médecine
|
|
Les Écailles
des Oreilles
|
|
Le Jaja dat-cah
|
|
Sans-Arcs,
250 loges
|
Les Sans-Arcs.
|
|
La bande de l'Eau-rouge.
|
|
Les Mangeurs
de Fesses.
|
|
Les Ogallalas
400 loges
|
La bande des Ogallalas.
|
Fourche du sud
et du nord de la Platte, et à l'ouest des
Côtes-Noires
|
Le Tourbillon
L'Eau rouge
Le Taureau
debout
L'Aigle jaune
Les Quatre
Ours
|
|
La bande du Collier de la Vieille Peau.
|
|
La bande du Nuage Nocturne.
|
|
La bande la Loge Rouge.
|
|
La bande des Cheveux courts
|
|
Chaudières
|
Point de
divisions.
|
|
Assiniboines
|
La bande des Canots
|
Au nord du Missouri et à l'est des Pieds-Noirs
|
|
|
La bande du Gaucher
|
Sioux, 30,000, Sheyennes, 3,000, Aricarie, 1,500,
Mandans, 150, Minataries,
700, Assiniboins, 4,800, Corbeaux : 4,800, Pieds-Noirs, 9,600 ,EN TOUT,
54,550.
LEURS NOMS
INDIENS
|
L’Homme qui
frappe l’abeille
|
Pata-ni-a-pa-pi
|
|
L’Ours
graissé
|
Mato-sah-itch-i-ay
|
|
Le Nuage Rouge
|
Ma-pi-a-lu-tah
|
|
L’Homme qui dit
vrai
|
C-ay-tha-ca-pi
|
|
Le Collier à Ossailles
|
Hi-hoon-num-pi
|
|
Les Deux Ours
|
Ma-toh-noh-pa
|
|
L'Araignée blanche
|
Itch-to-uni-skah.
|
|
Le Petit Tonnerre
|
Wa-chi-un-chi-ki-buch
|
|
Le Corps de
l'Aigle
|
Tehi-i-wach-bel-i.
|
|
L'Ecaille de
Fer
|
Ma-sa-pan-ches-ca
|
|
Le Taureau
rouge
|
Ta-tum-tcho-tu-tah
|
|
Le Mauvais
Taureau
|
Ta-tun-tcha-se-tchah
|
|
Le Tonnerre
blanc
|
Wa-che-un-ska
|
|
Le Petit Ours
|
Ma-to-tchi-kah
|
|
Les blancs
|
O-jah-ska-sha.
|
|
La Côte d’Ours
|
Ma-ta-tchu-i-tsa.
|
|
Les Quatre
Cornes
|
Hay-to-kah
|
|
La Corne rouge
|
Il-1a-tah
|
|
Le Petit Brave
|
Hi-to-kah.
|
|
Le Poisson
rouge
|
Oh-ghag-lu-tah
|
|
Les Pieds
d'oreilles de plumes
|
We-akah-oh-wee
|
|
La Plume du
Corbeau
|
Con-gi-wi-a-kah
|
|
L'Ours
paresseux
|
Ma-to-un-d'hique-pa-ni
|
|
L'homme de
Médecine
|
Wi-tschia-sa-sfia-kah
|
|
Le Tourbillon
|
Wa-mine-ma-du-sah
|
|
L'Eau rouge
|
Mina-shah
|
|
Le Taureau
debout
|
Wam-ba-li-ghi
|
|
L'Aigle jaune.
|
Totum-cha-na-sha
|
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Les
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