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1853 - lettre 6 - Voyage au Grand-Désert en 1851. - Tableau des tribus indiennes et de la nation siouse.

SIXIÈME LETTRE

SIXIÈME LETTRE.

 

M....

 

Le 23 septembre, assez tard dans l'après-midi, je fis mes adieux aux créoles, aux Canadiens et aux métis. Je les exhortai à bien régler leur conduite, à bien prier et à espérer que le Seigneur leur enverrait bientôt des secours spirituels, pour leur bonheur temporel et éternel et pour celui de leurs enfants. Je donnai la main, pour la dernière fois, à tous les grands chefs, et à un grand nombre de sauvages, alors présents, et, leur adressai quelques paroles encourageantes pour leur bonne conduite future, promettant de plaider leur cause devant « les grands chefs des Robes noires, » à qui je ferais connaître leurs désirs, leurs bonnes intentions et les sentiments qu'ils m'avaient exprimés; tandis qu'eux de leur côté imploreraient, chaque jour, « le Maître de la vie, » dans toute la sincérité de leur cœur, de leur envoyer des prêtres zélés, qui leur apprendraient à bien connaître le chemin du salut, que Jésus-Christ, son fils unique, est venu tracer à tous ses enfants sur la terre.

 

Je me dirigeai alors vers l'endroit appelé « les Fontaines, » à une distance de quatorze milles, dans les environs de la maison de traite à Robidoux, que le colonel Mitchell avait nommée le « Rendez-vous, » pour tous ceux qui se proposaient de se rendre immédiatement aux États...

 

Le 24, avant le lever du soleil, nous partîmes en bonne et grande compagnie. Je visitai en passant deux maisons de traite, pour y baptiser cinq enfants métis. Dans le courant de la journée, nous passâmes le fameux rocher appelé la Cheminée, tant de fois décrit par les voyageurs. Je l'avais déjà vu en 1840 et 1841, dans mes deux premiers voyages aux Montagnes-Rocheuses, et j'en ai parlé dans mes lettres. Je trouve que la Cheminée a beaucoup diminué depuis en hauteur.

 

Nous jetâmes un dernier coup d'oeil sur les singulières productions de la nature, le Vieux-Château et la Tour, qui se trouvent dans le voisinage de la Cheminée, et qui ressemblent aux ruines d'anciennes maisons seigneuriales, couvrant plusieurs arpents de terre, et présentant une surface très-élevée et entrecoupée au milieu d'une plaine unie.

 

Arrivés sur la Platte, à l'endroit appelé « le Ravin des Frênes, « Ash Hollow, » nous nous dirigeâmes vers la Fourche du Sud, à la distance de quinze milles, à travers une belle route ondoyante, sur un terrain très-élevé. Ici nous rencontrâmes le prince P......, accompagné seulement d'un officier prussien. Ils se proposaient d'aller faire une visite et une chasse dans les montagnes de la rivière au Vent. Nous échangeâmes nos petites nouvelles, et nous reçûmes avec plaisir les informations intéressantes que le prince nous donna. Il faut que Son Excellence ait vraiment du courage, surtout à son âge, pour faire une si longue route, dans un pareil désert, avec un seul homme pour toute suite, et dans un misérable petit char ouvert, qui portait le prince, l'officier, tout leur bagage et toutes leurs provisions. On m'a dit plus tard que le dessein du prince était d'aller choisir un endroit convenable, situé le long des montagnes au Vent, propre à l'agriculture, pour une grande colonie allemande. Nous vivons dans un siècle où les merveilles se multiplient; l'on ne pourrait dire ce qui peut avoir lieu à un temps rapproché en fait de colonisation, quand on a été témoin du succès des Mormons qui, en moins de cinq années, ont changé la face d'un affreux désert et y vivent dans une grande abondance. Cependant j'ose avancer que si réellement, ce que j'ai peine à croire, le prince a formé le projet qu’on lui suppose, je plains de tout mon cœur ceux qui s'embarqueront les premiers pour cette expédition. Les ennemis qu'ils auront à combattre sont encore trop puissants : les Corbeaux, les Pieds-Noirs, les Sioux, les Shéyennes, les Arapahos et les Serpents sont les tribus les plus redoutables et les plus guerrières du désert. Une colonie qui s'établirait dans un tel voisinage et contre le gré de ces tribus, trouverait les plus grands obstacles à vaincre et les plus grands dangers à courir. L'influence de la religion seule pourrait préparer ces parages à une telle transformation. Les promesses et les menaces des colonisateurs, les fusils et les sabres ne feront jamais ce que peut faire la parole de paix d'une Robe noire, la vue du signe civilisateur de la croix.

 

De la traverse de la Fourche du Sud jusqu'à la jonction des Grandes Fourches, on compte la distance de soixante et quinze milles, et de là au fort Kearny cent cinq milles. Le bois est très-rare sur les bancs de la rivière Platte ou Nébraska. Depuis la jonction des deux fourches jusqu'à son embouchure, la vallée a de six à huit milles de largeur, tandis que le lit de la rivière mème est large d'environ deux milles. Au printemps, à la fonte des neiges, lorsque cette rivière se remplit, elle présente une surface d'eau magnifique avec un grand nombre d'îles et d'îlots, couverts de verdure, bordés de cotonniers et de saules. Pendant l'automne, au contraire, elle est très-peu intéressante et perd toute sa beauté. Ses eaux s'écoulent alors par un grand nombre de passages ou de canaux presque inaperçus, entre les bancs de sable qui couvrent le lit de la rivière dans toute sa largeur et dans toute son étendue.

 

Lorsque le bois manque, ce qui arrive assez souvent sur le Nébraska, on se sert de la fiente de buffle pour préparer les repas, et, lorsqu'elle est sèche, elle brûle comme la tourbe.

 

Le sol de cette vallée est généralement riche et profond, mêlé toutefois de sable dans plusieurs endroits; on y ;trouve une grande variété de gazons, qui, avec les plantes couvertes de magnifiques fleurs, présentent un vaste champ à l'amateur de la botanique. A mesure qu'on s'éloigne de la vallée, on remarque un changement très-sensible dans les produits du sol : au lieu d'une végétation robuste et vigoureuse, vous trouvez les plaines couvertes d'un gazon court et frisé, très-nourrissant cependant et recherché par les bandes innombrables de buffles et autres animaux qui y paissent.

 

Le 3 d'octobre, nous arrivâmes au fort Kearny, où le surintendant Mitchell eut une conférence avec une députation de chefs et de guerriers de la tribu des Pawnies au nombre de vingt. Ils exprimèrent leur regret de ce que, n'ayant pas assisté au grand conseil, ils se trouvaient en conséquence exclus des avantages que le traité allait procurer aux autres tribus, et n'avaient eu aucune part dans les présents envoyés par le gouvernement. Ils firent toutefois des promesses solennelles d'adhérer à l'esprit du traité et d'exécuter les ordres de leur « grand Père le Président, » qui désire qu'ils vivent en paix avec leurs.voisins, et ordonne la cessation de toute déprédation exercée contre les voyageurs des États-Unis qui traversent leur territoire. Ces chefs et guerriers reçurent poliment et à la façon des sauvages les différentes députations qui nous accompagnaient pour se rendre à Washington, c'est-à-dire, les Sioux, les Sheyennes et les Rapahos, jusqu'alors leurs ennemis mortels, et les régalèrent de festins, de danses et de chansons. « Mon cœur bondit de joie et rit, » s'écria le chef des Pawnies Loups, « puisque je me trouve en présence de ceux que depuis mon enfance on m'a appris' à regarder comme mes ennemis mortels. Sheyennes, c'est moi et mes guerriers qui avons fait tant d'incursions sur vos terres, pour voler des chevaux et pour enlever des chevelures. Oui, mon cœur bondit de joie, car il n'a jamais rêvé de vous voir face à face, et de vous toucher la main en ami. Vous me voyez pauvre, je n'ai pas même un cheval à monter. Eh bien! je marcherai joyeusement à pied le reste de ma vie, si le casse-tête peut être enseveli de part et d'autre. »  Il offrit le calumet à tous les députés et plusieurs l'acceptèrent. Un jeune chef sheyenne, appelé «celui qui monte le nuage, refusa de le toucher et répondit au Pawnie : « Ce n'est ni toi, ni ton peuple, qui m'avez invité sur vos terres. Mon père, ajouta-t-il, en montrant du doigt le surintendant, m'a prié de le suivre, et je le suis; je n'accepte point ton calumet de paix, de crainte de te tromper. Peut-être, au moment que je te parle, nos braves guerriers sont à la recherche des loges de ta nation. Non, je ne veux pas te tromper, et sache que la paix n'existe pas encore entre nous. Je parle ici sans crainte et clairement, je me trouve sous le drapeau de mon père. »

 

Les allusions du Sheyenne ne paraissaient aucunement diminuer la bonne harmonie qui semblait exister; les danses, les chants, les discours et les festins se prolongèrent bien avant dans la nuit. Voici les noms des députés sauvages. Les députés sheyennes sont : la Gazelle blanche, ou Voki vokammast; la Peau rouge, ou Obalawska; l'Homme qui monte les nuages, ou Voive atoish. Les députés rapahos sont : la Tête d'aigle, ou Nehunutah; la Tempête, ou Nocobotha; Vendredi, ou Vash. De la nation des Sioux; l'Unicorne, ou Haboutzelze; le Petit Chef, ou Kaive ou nève; l'Homme à écailles, ou Pouaskawit cah cah; la Biche sur ses gardes, ou Chakahakeechtak; l'Oie, ou Mawgah : ce dernier appartient à la bande des Sioux Pieds-Noirs. Les deux Ottos avec leurs femmes, qui nous rejoignirent plus tard, sont : le Cerf-Noir; ou Wah-rush-a-menec, avec sa femme la Plume à l'aigle, ou Mookapec; l'Ours noir, ou Wah-sho-chegorah, avec sa femme l'Oiseau qui chante, ou Hou ohpec.

 

Au fort Kearny, nous nous séparâmes du colonel Mitchell et de sa suite, qui prirent le chemin de la rivière à la Table. Je me joignis au major Fitzpatrick et aux députés, et nous suivîmes la route du sud, qui traverse le territoire indien.

 

L'étendue de pays qui se trouve entre les frontières du Missouri et la grande rivière Bleue, pendant l'espace d'environ deux cents milles, présente une grande uniformité dans touts ses principaux traits caractéristiques. Cette contrée offre, en général, de belles prairies ondoyantes, un sol très-argileux, riche en dépôts de matières végétales. Elle est arrosée par des rivières et des ruisseaux innombrables, tributaires des rivières Kanzas, Nébraska, Arkansas, Missouri et Osage. Toutes ces rivières, sauf quelques rares exceptions, sont bien boisées; on y voit des forêts de chênes et de noyers de différentes espèces, d'érables, de cotonniers, et une variété d'arbres qu'on retrouve dans les forêts à l'est. Les côtes et les coteaux, dans plusieurs endroits, abondent en belles fontaines environnées de superbes bosquets arrangés avec autant d`ordre et de goût que s'ils eussent été plantés par la main de l'homme, tandis qu'une verdure et un gazon luxuriant émaillé de fleurs odoriférantes prennent la place des broussailles.

 

Les prairies, de tous côtés environnées de foréts qui couvrent les courants d'eau, présentent à la vue un océan de verdure parsemée de fleurs, qu'on voit s`agiter par les vents et qui parfument l'air d'odeurs variées. Les courants d'eau sont clairs; ils coulent sur des lits rocailleux entre des rives élevées et abondent en poissons. La vallée du Kanzas est large, d'un sol brun, végétal et profond; on peut en dire autant des vallées des autres rivières dans ce territoire, qui sont toutes propres à l'agriculture. Toute la contrée présenta le double avantage d'être propre aux travaux agricoles et de contenir en abondance des pâturages, où des millions d'animaux pourraient être élevés à peu de frais.

 

Le major Fitzpatrick avait préféré la route du sud, pour donner à nos amis les députés sauvages une occasion d'être par eux-mêmes témoins du progrès que peuvent faire les nations dans l'agriculture et dans les arts mécaniques. Il voulait ainsi leur montrer ces travaux et ces fruits qui conduisent graduellement au bonheur et à l'aisance, et leur faire sentir d'une manière pratique qu'en adoptant des habitudes d'industrie, l'homme n'a pas besoin de rôder et de voyager dans tous les endroits, souvent avec incertitude et dans la plus grande pénurie de vivres; mais qu'il peut facilement se créer une abondance autour de soi, par une industrie persévérante et bien réglée.

 

Nous arrivâmes à Sainte-Marie, parmi les Potowatomies, le 11 d'octobre. Monseigneur Miége, et tous les autres Pères de la mission nous y reçurent avec une grande cordialité et une bienveillance extrême.

 

Une quantité de végétaux et de fruits, tels que patates, carottes, navets, citrouilles, panais, melons, pommes et pêches, furent placés devant les Indiens; ils y firent grandement honneur. La chose avait été concertée pour leur donner le goût du travail par le goût des légumes. Aussi, un des principaux députés, la Tête d'aigle, me dit : « Aujourd'hui, Père, nous comprenons tes paroles. Tu nous as dit dans le camp que les buffles disparaîtraient, au bout de quelques années, de notre territoire; que nous avions à prendre les mesures à temps contre la disette; qu'alors du sein de la terre nous pourrions arracher la subsistance et l'abondance pour tous nos enfants. Lorsque tu nous parlais, nos oreilles étaient encore fermées; aujourd'hui elles sont ouvertes, car nous avons mangé les produits de la terre... Nous voyons ici un peuple heureux, bien nourri et bien habillé. Nous espérons que le grand père (l’évêque) aura aussi pitié de nous et de nos enfants. Nous serons contents d'avoir des robes noires parmi nous, et nous écouterons volontiers leur parole. »  Le jour suivant était un dimanche, et tous assistèrent à la grand'messe. L'église se trouva bien remplie; le chœur, composé de métis et d'Indiens, chanta admirablement le Gloria, le Credo, et plusieurs cantiques. Le révérend père Gailland fit en langue potowatomie un sermon qui dura trois quarts d'heure. Le nombre des communiants était grand. Tout ceci, joint à l'attention, à la modestie et à la dévotion de tous les auditeurs, dont quelques-uns avaient des livres de prières, et d'autres des chapelets, fit une profonde et, je l'espère, une durable impression sur l'esprit de nos sauvages des plaines. Durant plusieurs jours ils ne cessèrent d'en parler et de m'interroger sur la doctrine qui doit les rendre heureux et les conduire au ciel. Nous trouvâmes la mission dans une condition très-florissante. Les deux écoles sont très-fréquentées; les dames du Sacré-Cœur ont su gagner l'affection des filles et des femmes de la nation, et y travaillent avec le plus grand succès. Les Potowatomies rapprochent de plus en plus leurs demeures de l'église et de « leurs bons pères; » ils ont commencé avec résolution à cultiver et à élever des animaux domestiques. Chaque dimanche, les Pères ont la douce consolation de contempler une belle assemblée d'Indiens réunis dans la cathédrale en bois, et d'y voir quatre-vingts à cent vingt personnes s’approcher pieusement de la sainte table. Nous passâmes à la mission deux jours en visites; les sauvages quittèrent l'établissement le cœur rempli de joie et de consolation et dans l'attente de trouver un jour un semblable bonheur dans leurs propres tribus. Ah! puisse cette attente se réaliser enfin!

 

Le temps était beau; en trois jours nous nous rendîmes à Westport et à Kanras, sur le Missouri.

 

Le 16 d'octobre, nous prîmes nos places à bord du bateau à vapeur Clara. Nos députés indiens n'avaient jamais vu un village ou établissement de blancs; sauf ce qu'ils avaient vu au fort Laramée et au fort Kearny, ils ne connaissaient rien de la construction des maisons. Ils furent par conséquent remplis d'admiration, et lorsqu'ils virent pour la première fois un bateau à vapeur, leur étonnement fut au comble, quoique mêlé d'une certaine crainte quand ils allèrent à bord. Un temps assez considérable se passa avant qu'ils pussent s'accoutumer au bruit et à la confusion que le sifflement et l'échappement de la vapeur, et les sons de la cloche, etc., occasionnaient. Ils appelèrent le bateau « le canot à feu » et se réjouirent à la vue d'un autre bateau qui montait la rivière avec un « papoos, » ou petit enfant, « l'esquif attaché derrière le gouvernail. »  Depuis que leurs appréhensions de danger avaient disparu, leur curiosité augmentait; ils prenaient le plus grand intérêt à tout ce qu'ils voyaient pour la première fois. Ils avaient leur grand costume et restaient assis sur le tillac; à l'approche de chaque ville et de chaque village, ils les saluaient par des cris de joie et des chansons.

 

Le 22 d'octobre, nous arrivâmes au port de Saint-Louis.

 

Quelques jours après, tous les membres de la députation indienne furent invités à un festin dans notre université. Ils se réjouirent de la réception et surtout des paroles encourageantes du révérend père provincial, ainsi que de l'espoir qu'il leur donnait d'avoir des robes noires parmi eux, espoir qui se réaliserait peut-être avant peu de temps.

 

Je joins à cette lettre une vue en forme de table de la nation des Sioux, etc., sur le Haut-Missouri, et des localités qu'ils occupent aujourd'hui; elle est faite d'après les meilleurs renseignements que j'ai pu recueillir et que j'ai tirés principalement du journal de M. Thaddée Culbertson, publié à Washington.

 

Veuillez me croire avec le plus profond respect. Je recommande tous les pauvres sauvages à vos bonnes prières.

 

Agréez, etc.

 

                                      P.-J. DE SMET, S.J.

 

 

P. S. - On trouve fréquemment le mot médecine dans les lettres écrites sur les idées religieuses, les pratiques et les coutumes de tous les sauvages de l'Amérique du Nord. Il est nécessaire de faire connaître la signification que les sauvages eux-mêmes donnent à ce mot.

 

Le terme Wah-Kon est employé par les Indiens pour exprimer toute chose qu'ils ne peuvent comprendre, soit surnaturelle, soit naturelle, soit mécanique. Une montre, par exemple, une orgue, un bateau à vapeur, toute autre pièce de mécanisme, dont les mouvements ou la construction sont au-dessus de la portée de leur esprit, sont appelés Wah-Kon. Dieu est appelé Wah-Kon-Tonga, ou le Grand Incompréhensible. Le mot tonga en sioux signifie grand ou large.

 

La traduction exacte de ce mot est incompréhensible, inexplicable. Il a été mal traduit par les blancs qui le rendent toujours par médecine; ainsi, par exemple, le mot Wah-Kon-Tanga, ou Dieu, a été rendu par la grande médecine.

 

Depuis, le mot médecine a été si universellement appliqué aux différentes cérémonies religieuses et superstitieuses des Indiens, que tous les voyageurs s'en servent dans leurs écrits sur les indigènes de ce pays.

 

Cependant le mot médecine, appliqué aux cérémonies religieuses et superstitieuses des Indiens, n’a aucun rapport aux traitements des maladies du corps. Mais ce mot ayant été universellement adopté, je dois m'en servir dans mes relations sur les Indiens. C'est de là que dérivent les termes de fête de médecine, chemin de médecine, loge de médecine, danse de médecine, homme de médecine, etc.; comme aussi sac de médecine, ou sac qui contient les idoles, les charmes, les objets superstitieux.

 

Mon intention en donnant cette petite note est de faire la distinction entre le mot médecine employé dans le sens de médicament, et le même mot, appliqué aux charmes, aux invocations religieuses, aux cérémonies.

 

 

NATIONS.

BANDES.

CONTREES.

LANGAGES.

SHEYENNES,

300 loges,

3,000 âmes

La bande du Soldat-de-Chiens, du Loup-Jaune, du Métis, des Taureaux, des Vaches-Noires, des Chiens-Fous, des Jeunes-Chiens, des Renards, des Corbeaux.

A l'ouest des Côtés- Noires, originaires du Missouri, au 47e degré de latitude nord à l’ouest du Missouri.

Langage propre, langue de la Fourche-des-Prairies.

MANDANS,

30 loges,

150 âmes.

Les Faisans.

Village permanent sur le Missouri.

Langage propre.

MINATARIES,

85 loges,

700 âmes.

La bande des Loups, Des Chiens-Fous, des

Chiens, des Vieux-Chiens, des Taureaux, des Chevreuils à queues noires.

Village permanent sur le Missouri au fort Berthold.

Langue qui approche de celle des Corbeaux.

ASSINIBOINS,

1,500 loges.

La bande des Canots, du Gaucher.

 

Au nord du Missouri à l'est des Pieds-Noirs.

Langue des Sioux.

CORBEAUX

400 loges,

1,800 âmes.

 

Les Corbeaux, les Suceurs-de-Jus, qui se divisent en 12 petites bandes comme suit : bande de la Bête-Puante, Mauvaises-Mitasses qui campe proche, les Trompeurs, les Bouches-Rouges, les Mauvais-Coups, les Chiens-de-Prairie, les Loges attaquées, les Shiptelza les Coups de pied dans le ventre, les Loges sans Chevaux, les Déterreurs-de-Racines.

La vallée de la Roche-Jaune.

Langage propre.

PIEDS-NOIRS,

1,200 loges,

9,600 âmes.

Les Pieds-Noirs, les Gens-du-Sang, les Pégans, Les Gros-Ventres, les Surcies, les Pieds-Noirs du Nord et du Sud, les Mangeurs-de-Poissons, le Poil-en-Dehors, les Petites-Robes, les Gens qui ne rient pas, les Gens-du-Sang, la bande de Fiente-de-Buffle.

Leur pays est au nord

du Missouri, à l'ouest des Assiniboins.

Parlent trois différentes langues.

 

 

 

Tableau de la nation … Haut-Missouri.

 

Nations : Les Sioux ou Dacotahs environ 3,000 loges ou 30,000 âmes (10 individus par loge).

 

TRIBUS.

SOUS-TRIBUS.

BANDES PRINCIPALES.

CONTRÉE.

PRINCIPAUX CHEFS.

Jantons, 300 loges.

La bande des Lumières

Vallée de la rivière à Jacques

L'Homme qui frappe l'abeille

L'Ours graissé

Le Nuage rouge

Ceux qui ne mangent pas l'oie

Ceux qui ne font pas cuire

Jantonnois, 330 loges.

Ceux qui ne mangent pas le bison

À l'ouest des Yanktons et au nord du Missouri

L'Homme qui dit vrai

Le Collier à osselets

Les Deux Ours

L'Araignée blanche

Les Coupe-têtes

Les Gens des perches

Les peu qui vivent

Les Titans,

2280 loges.

Les Brûlés,

500 loges

Les Gens qui tirent dans les pins

Rivière l'Eau qui court,

Rivière Platte et

Rivière Blanche

Le Petit Tonnerre

Le Corps de l'aigle

L'Écaille de fer

Le Taureau rouge

Le Mauvais Taureau

Le Tonnerre Blanc

Les Faisans

Les Orphelins

Les gens qui font cuire la chair

Les Chevaux à longues jambes

Ceux qui font cuire leurs plats

Les Mauvais Bras

Les Gens du milieu

Les Mangeurs de Corbeaux

Les Gens des coupes

Les Sioux, Pieds-Noirs

450 loges.

Les Gens aux pieds noirs

Rivière Cheyenne,

Boulet de canon,

Rivière Grande

Le Petit Ours

Les Pieds blancs

La Côte d'ours

Les Quatre Cornes

La Corne Rouge

Les Gens à mauvaises figures

Les Avant-derniers

La bande de la Plume du Corbeau

La bande de la Médecine du diable

Les Sioux,

Onkepapah,

329 loges.

Les Gens à moitié cuits

Les Colliers de Chair

Les Dormeurs des Chaudières

Les Dos blessés

Les Mauvais Arcs

Les Gens qui portent

La Rivière qui court

Minikanjou

270 loges.

Ceux qui ne mangent point de chiens

Tête de la Cheyenne,

les Côtes-Noirs (Collines-Noires)

Le Petit Brave

Le Poisson Rouge

Les Pieds d'oreilles de plumes

La Plume du corbeau

L'Ours paresseux

L'Homme de médecine

Les Écailles des Oreilles

Le Jaja dat-cah

Sans-Arcs,

250 loges

Les Sans-Arcs.

La bande de l'Eau-rouge.

Les Mangeurs de Fesses.

Les Ogallalas

400 loges

La bande des Ogallalas.

Fourche du sud et du nord de la Platte, et à l'ouest des Côtes-Noires

Le Tourbillon

L'Eau rouge

Le Taureau debout

L'Aigle jaune

Les Quatre Ours

La bande du Collier de la Vieille Peau.

La bande du Nuage Nocturne.

La bande la Loge Rouge.

La bande des Cheveux courts

Chaudières

Point de divisions. 

Assiniboines

La bande des Canots

Au nord du Missouri et à l'est des Pieds-Noirs

 

La bande du Gaucher

 

Sioux, 30,000, Sheyennes, 3,000, Aricarie, 1,500, Mandans, 150, Minataries, 700, Assiniboins, 4,800, Corbeaux : 4,800, Pieds-Noirs, 9,600 ,EN TOUT, 54,550.

 

 

LEURS NOMS INDIENS

 

L’Homme qui frappe l’abeille

Pata-ni-a-pa-pi

L’Ours graissé

Mato-sah-itch-i-ay

Le Nuage Rouge

Ma-pi-a-lu-tah

L’Homme qui dit vrai

C-ay-tha-ca-pi

Le Collier à Ossailles

Hi-hoon-num-pi

Les Deux Ours

Ma-toh-noh-pa

L'Araignée blanche

Itch-to-uni-skah.

Le Petit Tonnerre

Wa-chi-un-chi-ki-buch

Le Corps de l'Aigle

Tehi-i-wach-bel-i.

L'Ecaille de Fer

Ma-sa-pan-ches-ca

Le Taureau rouge

Ta-tum-tcho-tu-tah

Le Mauvais Taureau

Ta-tun-tcha-se-tchah

Le Tonnerre blanc

Wa-che-un-ska

Le Petit Ours

Ma-to-tchi-kah

Les blancs

O-jah-ska-sha.

La Côte d’Ours

Ma-ta-tchu-i-tsa.

Les Quatre Cornes

Hay-to-kah

La Corne rouge

Il-1a-tah

Le Petit Brave

Hi-to-kah.

Le Poisson rouge

Oh-ghag-lu-tah

Les Pieds d'oreilles de plumes

We-akah-oh-wee

La Plume du Corbeau

Con-gi-wi-a-kah

L'Ours paresseux

Ma-to-un-d'hique-pa-ni

L'homme de Médecine

Wi-tschia-sa-sfia-kah

Le Tourbillon

Wa-mine-ma-du-sah

L'Eau rouge

Mina-shah

Le Taureau debout

Wam-ba-li-ghi

L'Aigle jaune.

Totum-cha-na-sha

Les Quatres Ours

Ma-to-pah