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Cinquième lettre
CINQUIÈME LETTRE
A M. ROLLIER, AVOCAT A OPDORP, PRÈS DE TERMONDE.
Rivière Saint-Ignace, 10 septembre 1841.
Sans autre préambule qu'une simple excuse de mon long silence, je viens vous offrir mes observations en fait d'histoire naturelle, sachant que les fleurs, les arbres, les animaux ne sont pas sans charmes pour vous.
FLEURS. Nous nous trouvions dans les environs de la Cheminée. lorsque le P. Point fit son beau bouquet en l'honneur du Sacré-Cœur. De là, en s'avançant vers les Côtes-noires, les fleurs deviennent plus rares ; cependant de loin en loin nous en rencontrâmes que nous n'avions vues nulle part ailleurs. Parmi les doubles, les plus communes et les plus caractéristiques du sol où elles prennent naissance sont : en-deçà de la Plate, les lupins roses ; dans les plaines de la Plate jusqu'à la Cheminée, l'épinette des prairies, fleur jaune à cinq feuilles (plante médicinale) ; et au delà, dans le sol le plus stérile, trois espèces de cactus ; elles sont connues parmi les botanistes sous le nom de cactus americana, et déjà naturalisées dans les parterres d'Europe. Je n'ai rien vu, même dans les plus belles roses, ni d'aussi pur ni d'aussi vif que l'incarnat de cette charmante fleur ; toutes les nuances du rose et du vert décorent l'extérieur de son calice qui va en s'évasant comme celui du lis ; beaucoup mieux que la rose, elle parait être l'emblème des plaisirs de ce bas monde ; elle est environnée de beaucoup plus d'épines et ne s'élève pas à deux pouces de terre.
Parmi les fleurs simples, la plus élégante ressemble à la cloche bleue de nos parterres, mais elle la surpasse de beaucoup par l'agrément de ses formes et par la délicatesse de ses teintes, qui varient depuis le blanc pur jusqu'à 1'azur sombre. L'aiguille d'Adam, qui ne croit que sur les côtes stériles, est la plus noble parmi les pyramidales ; sa tige s'élève à plus de trois pieds ; à mi-hauteur commence une pyramide de fleurs fort serrées les unes contre les autres, sous la forme d'un diadème renversé, nuancées légèrement de rouge, et diminuant de grosseur à mesure qu'elles approchent de leur commun sommet qui se termine en pointe. Sa base est défendue par une espèce de feuilles dures, fibrées, oblongues et aiguës ; c'est ce qui lui a fait donner le nom d'aiguille. Sa racine blanche et semblable dans sa forme à une carotte, a ordinairement six pouces de diamètre ; les sauvages s'en nourrissent au besoin, et les Mexicains en fabriquent une espèce de savon.
Il est encore trois autres espèces de fleurs très remarquables ; elles sont rares, même en Amérique, et leurs noms sont inconnus du commun des voyageurs. La première, dont les feuIlles bronzées sont disposées de manière à imiter le chapiteau corinthien, a reçu de nous le nom de corinthienne ; la deuxième, couleur de paille, rappelle par sa tige environnée de onze branches, comme d'autant de satellites, le fameux songe de Joseph, elle a été nommée la Joséphine ; la troisième, la plus belle des reines-marguerites que j'aie vues, ayant autour d'un disque jaune, nuancé de noir et de rouge, sept à huit rayons dont chacun serait à lui seul une belle fleur, a été appelée la dominicale, non-seulement parce qu'elle nous a paru la maîtresse fleur de ces parages, mais encore parce que nous l'avons rencontrée un dimanche.
ARBUSTES. Les arbustes qui portent des fruits sont en petit nombre. Les plus communs sont le groseiller, le cerisier, le cormier, le houx et le framboisier. Les groseilles, grosses et petites, sont, comme en Europe, de différentes couleurs, blanches, rouges, oranges, jaunes, noires ; on les rencontre en grande quantité dans presque toutes les parties des montagnes, ainsi que dans les plaines, où elles sont meilleures, comme étant plus exposées au soleil. J'ai rangé les cerisiers et les cormiers parmi les arbustes, parce qu'en effet la tige qui les porte n'atteint jamais la hauteur commune d'un arbre. Le cormier, qui se présente sous la forme d'un buisson, porte un fruit excellent que les voyageurs appellent la poire des montagnes ; mais il n'a rien de commun avec ce fruit et n'excède pas la grosseur d'une cerise commune. La cerise d'Amérique diffère de celle d'Europe, en ce qu'elle forme des grappes sur la tige, à peu près comme nos groseilles noires et qu'elle n'a que la grosseur de nos cerises des bois. La corme et la cerise forment en partie la nourriture des sauvages dans la saison, et ils les sèchent pour leurs provisions d'hiver. Les cenelles, fruit du houx, sont de deux sortes, blanches et rouges. Voyez à la fin de ma lettre la liste des fruits, plantes et racines qui croissent spontanément dans les différentes parties de l'Ouest, et qui à défaut d'autre chose, tiennent lieu de nourriture.
Le lin est fort commun dans nos vallées ; la même racine (ce qui est fort remarquable) est assez féconde pour pousser de nouveaux jets pendant un certain nombre d'années. Nous en avons eu la preuve sous les yeux, dans une racine à laquelle sont encore attachées une trentaine de tiges de différentes crues. Le chanvre est plus rare que le lin.
ARBRES. Comme nous avons presque toujours côtoyé les rivières, nous n'avons pu rencontrer une grande variété d'arbres. On n'y voit guère que des buissons, des saules, des bouleaux, ainsi que l'aune et le sureau, le cotonnier ou peuplier blanc, dont l'écorce sert en hiver de nourriture aux chevaux, le tremble dont la feuille est toujours en mouvement ; les Canadiens y attachent une idée superstitieuse : ils disent que c'est sur ce bois qu'on a crucifié Notre-Seigneur, et que depuis, la feuille ne cesse de trembler. Sur les montagnes on ne trouve de haute futaie que le pin et le cèdre blanc et rouge ; ce dernier est le plus en usage pour les meubles ; c'est, après le cyprès, le bois le plus durable de l'Ouest. Il y a cinq espèces de pins : le pin de Norvège, le résineux, le blanc, le pin à goudron, et le pin élastique, dont les sauvages se servent pour faire des arcs. L'if, quoique rare, se trouve aux montagnes, ainsi que l'érable blanc ; les tamarIns y croissent en abondance. Vers les Côtes-Noires ; la violence des vents est telle que les cotonniers, qui y croissent à l'exclusion de presque tout autre arbre, revêtent les formes les plus étranges. J'en al vu dont les branches, violemment tordues, rentraient dans le tronc principal, et finissaient par prendre de si singulières positions, qu'il eût été impossible à une certaine distance de dire quelle partie visible de l'arbre touchait immédiatement la racine.
OISEAUX. Les oiseaux ne sont pas moins variés que les fleurs : on en voit de toute forme, de toute grandeur et de tout plumage, depuis le pélican blanc et le cygne, jusqu'au roitelet et à l'oiseau-mouche. Muratori, dans sa relation du Paraguay, fait chanter ce dernier comme un rossignol, et s'étonne à juste titre que d'un corps aussi petit il puisse sortir des sons aussi forts. A moins que l'oiseau-mouche de l'Amérique du Sud ne soit pas celui des Montagnes Rocheuses, ni même celui des États-Unis, on doit dire que c'est par erreur que le célèbre auteur a ajouté la beauté du chant à celle du plumage. Le seul son que l'on entende, lorsque cet oiseau voltige d'une fleur à une autre, est une espèce de bourdonnement semblable à celui de l'abeille, encore
ARBUSTES. Les arbustes qui portent des fruits sont en petit nombre. Les plus communs sont le groseiller, le cerisier, le cormier, le houx et le framboisier. Les groseilles, grosses et petites, sont, comme en Europe, de différentes couleurs, blanches, rouges, oranges, jaunes, noires ; on les rencontre en grande quantité dans presque toutes les parties des montagnes, ainsi que dans les plaines, où elles sont meilleures, comme étant plus exposées au soleil. J'ai rangé les cerisiers et les cormiers parmi les arbustes, parce qu'en effet la tige qui les porte n'atteint jamais la hauteur commune d'un arbre. Le cormier, qui se présente sous la forme d'un buisson, porte un fruit excellent que les voyageurs appellent la poire des montagnes ; mais il n'a rien de commun avec ce fruit et n'excède pas la grosseur d'une cerise commune. La cerise d'Amérique diffère de celle d'Europe, en ce qu'elle forme des grappes sur la tige, à peu près comme nos groseilles noires et qu'elle n'a que la grosseur de nos cerises des bois. La corme et la cerise forment en partie la nourriture des sauvages dans la saison, et ils les sèchent pour leurs provisions d'hiver. Les cenelles, fruit du houx, sont de deux sortes, blanches et rouges. Voyez à la fin de ma lettre la liste des fruits, plantes et racines qui croissent spontanément dans les différentes parties de l'Ouest, et qui à défaut d'autre chose, tiennent lieu de nourriture.
Le lin est fort commun dans nos vallées ; la même racine (ce qui est fort remarquable) est assez féconde pour pousser de nouveaux jets pendant un certain nombre d'années. Nous en avons eu la preuve sous les yeux, dans une racine à laquelle sont encore attachées une trentaine de tiges de différentes crues. Le chanvre est plus rare que le lin.
ARBRES. Comme nous avons presque toujours côtoyé les rivières, nous n'avons pu rencontrer une grande variété d'arbres. On n'y voit guère que des buissons, des saules, des bouleaux, ainsi que l'aune et le sureau, le cotonnier ou peuplier blanc, dont l'écorce sert en hiver de nourriture aux chevaux, le tremble dont la feuille est toujours en mouvement ; les Canadiens y attachent une idée superstitieuse : ils disent que c'est sur ce bois qu'on a crucifié Notre-Seigneur, et que depuis, la feuille ne cesse de trembler. Sur les montagnes on ne trouve de haute futaie que le pin et le cèdre blanc et rouge ; ce dernier est le plus en usage pour les meubles ; c'est, après le cyprès, le bois le plus durable de l'Ouest. Il y a cinq espèces de pins : le pin de Norvège, le résineux, le blanc, le pin à goudron, et le pin élastique, dont les sauvages se servent pour faire des arcs. L'if, quoique rare, se trouve aux montagnes, ainsi que l'érable blanc ; les tamarIns y croissent en abondance. Vers les Côtes-Noires ; la violence des vents est telle que les cotonniers, qui y croissent à l'exclusion de presque tout autre arbre, revêtent les formes les plus étranges. J'en al vu dont les branches, violemment tordues, rentraient dans le tronc principal, et finissaient par prendre de si singulières positions, qu'il eût été impossible à une certaine distance de dire quelle partie visible de l'arbre touchait immédiatement la racine.
OISEAUX. Les oiseaux ne sont pas moins variés que les fleurs : on en voit de toute forme, de toute grandeur et de tout plumage, depuis le pélican blanc et le cygne, jusqu'au roitelet et à l'oiseau-mouche. Muratori, dans sa relation du Paraguay, fait chanter ce dernier comme un rossignol, et s'étonne à juste titre que d'un corps aussi petit il puisse sortir des sons aussi forts. A moins que l'oiseau-mouche de l'Amérique du Sud ne soit pas celui des Montagnes Rocheuses, ni même celui des États-Unis, on doit dire que c'est par erreur que le célèbre auteur a ajouté la beauté du chant à celle du plumage. Le seul son que l'on entende, lorsque cet oiseau voltige d'une fleur à une autre, est une espèce de bourdonnement semblable à celui de l'abeille, encore n'est-il produit que par la rapidité avec laquelle l'air est frappé de ses petites ailes. Le noutka est une nouvelle espèce d'oiseau-mouche propre à l'Orégon. Toute la partie supérieure de l'oiseau est rougeâtre ; la tête tire sur le vert ; le cou, cuivré et cramoisi, varie selon l'incidence de la lumière. Par la gorge, il ressemble à l'oiseau-mouche commun, connu à l'est des montagnes ; mais il est plus riche dans ses couleurs, et ses plumes métalliques sont disposées en un large collier dans la partie inférieure du cou, au lieu de former une partie principale de tout le plumage.
INSECTES, REPTILES. Je ne ferai mention des reptiles que pour remercier Dieu de nous avoir servi contre eux, et contre le plus terrible de tous, le fameux serpent à sonnettes, le bouclier impénétrable à leurs dards. En effet, comment s'est-il fait que pas un homme de la caravane, ni même un cheval ou un mulet, n'ait été piqué une seule fois, lorsque, dans un seul jour, sans quitter la ligne droite de leurs charrettes, nos charretiers en tuaient jusqu'à douze à coups de fouet.
Il est un point controversé entre les naturalistes au sujet des fourmis : c'est de savoir si le grain qu'elles ramassent doit servir à leur nourriture d'hiver, ou seulement à la construction de leurs cellules. Peut-être nos remarques pourront-elles servir à résoudre la difficulté. Il n'y a ici dans les fourmilières ni froment ni grain qui en tienne lieu, par conséquent point de provision de bouche de cette nature ; à leur place, ce sont de petits cailloux, que ces insectes laborieux élèvent en monceaux de trois à quatre pieds de diamètre, sur un pied de haut ; d'où il est, ce semble, permis de conclure que le grain employé ailleurs au même usage que ces petits cailloux, n'est point destiné â nourrir la fourmi. mais bien plutôt à lui bâtir une demeure.
Chose étonnante ! la puce n'a pas encore fait son apparition dans les montagnes ; la vermine au contraire ronge les pauvres sauvages ; et ce qu'il y a de plus triste, c'est que loin de songer à s'en débarrasser, ils l'entretiennent par leur malpropreté.
On a souvent par1é des maringoins ; ils m'ont tant tourmenté dans ce voyage, que je peux bien contribuer pour ma part à publier leur méchanceté. Quand il s'agit de nuire à l'homme, il n'y a point d'animal qui l'emporte sur ces insectes. Au milieu de la journée, ils ne vous inquiéteront pas, mais à condition que vous quittiez l'ombre, et que vous alliez vous exposer aux ardeurs du soleil. Le soir, le matin, la nuit, leur bourdonnement aux oreilles ne cesse pas un instant ; ils s'attachent avec avidité à la peau comme des sangsues, et enfoncent dans la chair leur dard empoisonné, contre lequel il n'y a point d'autre défense que de se cacher entièrement sous sa couverture, ou de s'envelopper la tête de quelque tissu impénétrable, au risque d'étouffer. C'est surtout pendant le repas qu'ils sont incommodes. Alors, pour s'en débarrasser, il faut produire, â l'aide de bois pourri ou d'herbes vertes, une épaisse fumée sans flamme. Ce remède est vraiment efficace ; maison ne l'emploie qu'en désespoir de cause ; car on est presque suffoqué par les nuages épais qui vous environnent. On pourrait donner à ces sortes de repas le titre de festins à tristes figures : chacun y fait la grimace, et les plus insensibles même ont les larmes aux yeux. Tant que la fumée dure, ces petits trouble-tout voltigent â l'entour ; mais aussitôt que l'atmosphère s'éclaircit, ils reviennent à la charge dans toutes les dilections, et s'attachent aux parties du corps qui sont à découvert, jusqu'à ce qu'un autre tas de bois pourri, jeté sur les charbons, les mette de nouveau en fuite.
Les frappe-d'abord ou brûlots se trouvent par myriades au désert, et ne sont pas moins nuisibles que les maringoins. Comme ils sont si petits que l'œil peut â peine les apercevoir ; ils attaquent aisément la peau, et se glissent jusque dans les yeux, les narines et les oreilles. Pour s'en débarrasser, on met des gants, et sur la tête un mouchoir qui couvre le front, le cou et les oreilles ; on garantit le visage par la fumée d'une courte pipe.
Les mouches-à-feu ou vers luisants des montagnes ne sont pas nuisibles ; leur grosseur est à peu près celle de 1'abeille. Lorsqu'on les aperçoit en grand nombre le soir, c'est un signe certain de pluie ; alors, n'importe l'obscurité de la nuit, sillonnant l'air comme autant d'étoiles errantes ou de feux follets, leurs belles formes phosphoriques vous rendent la route distincte et visible, Les sauvages s'en frottent parfois le visage, et par plaisanterie, ou pour faire peur aux enfants, ils se promènent le soir comme des météores dans les environs du village.
Comme le gibier a manqué rarement à nos chasseurs, nous n'avons guère eu recours à la pêche que pour les jours maigres. Il est cependant arrivé que, nos vivres commençant à -manquer, nous vîmes nos lignes plus heureuses que nos fusils. Les poissons que nous prîmes le plus souvent sont les mulets, deux espèces de truites, les carpes, et deux ou trois différentes espèces inconnues. Un jour, campé sur les bords de la Rivière-aux-Serpents, je pris à la ligne plus de cent poissons en moins d'une heure. L'anchois, l'esturgeon abondent dans un grand nombre de rivières de l'Orégon, ainsi que six différentes espèces de saumons. Ces derniers remontent les rivières vers la fin d'avril, pour ne plus les redescendre. Les jeunes descendent au mois de septembre vers l'océan, et les sauvages croient qu'ils ne remontent que quatre ans après.
Nous avons vu les ouvrages des castors ; le pays où nous sommes est leur pays par excellence. Tout le monde sait l'emploi qu'ils font de leurs dents et de leur queue ; mais ce qu'on ignore peut-être, et ce qui nous a été assuré par les trappiers, c'est que pour faire tomber l'arbre qu'ils abattent du côté où ils veulent construire leur digue, ils choisissent parmi les arbres du rivage celui qui penche le plus sur l'eau ; et s'il ne s'en trouve pas qui aient une inclinaison suffisante, ils attendent qu'un bon vent vienne à leur secours. Qu'on ne s'étonne donc pas qu'une tribu indigène considère les castors comme une race dégradée d'êtres humains, dont les crimes et les vices ayant irrité le Grand-Esprit, celui-ci pour les punir les réduisit pour un temps à la condition des brutes ; mais tôt ou tard ils seront rendus à leur forme primitive, et même dans leur état actuel ils ont une espèce de langage ; car on les a vus, disent-ils, s'entretenir, se consulter, délibérer sur le sort d'un criminel de la communauté. Tous les trappiers nous assurent que les castors qui refusent de travailler sont chassés de la république à l'unanimité des voix et à coups de dents ; que ces proscrits sont obligés de passer un hiver misérable à moitié affamés dans quelque trou abandonné d'une rivière, où on les prend facilement. Les trappiers les appellent castors paresseux, et disent que leur peau ne vaut pas la moitié de la peau de ceux que l'industrie persévérante et la prévoyance ont munis d'abondantes provisions et mis à l'abri des rigueurs de l'hiver. La chair du castor est grasse et délicate ; on en sert la queue comme en Europe le beurre. Leur peau, si recherchée, se paie sur les lieux de neuf à dix piastres, mais en marchandises, ce qui ne revient pas à une piastre en argent ; car une seule pinte de genièvre, par exemple, qui ne coûte pas dix sous aux vendeurs, se vend ici jusqu'à vingt francs. Est-il étonnant que ces gens fassent si facilement des fortunes colossales ; tandis que des employés à qui l'on donne jusqu'à neuf cents piastres par an, n'ont pas même une chemise à la fin de l'année ? Dans cette catégorie de vendeurs n'est pas comprise l'honorable Compagnie de la baie d'Hudson dans l'Orégon (où) la vente de toute liqueur y est strictement défendue.
La loutre, brune ou noire, abonde dans les rivières de nos montagnes ; mais comme le castor, elle est poursuivie avec avidité par les chasseurs.
A propos des amphibies, un mot de la grenouille. La plus ordinaire est celle que l'on voit en Europe ; mais il y en a une autre qui en diffère du tout au tout, en ce qu'elle porte une queue et des cornes, et qu'elle ne se trouve que dans les sables arides. Des voyageurs donnent à cette espèce le nom de salamandre.
Le rat des bois, espèce de blaireau, est très-commun ; on le trouve ordinairement dans les endroits marécageux, où il se nourrit de petites écrevisses. Voici le stratagème dont il se sert pour obtenir son mets favori : placé sur le bord d'un étang, il laisse tomber dans l'eau sa longue queue dépourvue de poil ; les écrevisses, avides d'un si bon morceau, s'en saisissent. Aussitôt que le rat sent leurs pinces acérées, il donne une forte secousse de sa queue, les écrevisses lâchent prise en quittant leur élément, et le rat s'en empare, les met en sûreté à une petite distance de l'eau, puis les dévore avec avidité. Il a toujours soin de les prendre par-derrière, les tenant de travers pour garantir sa bouche de leurs pinces.
Le blaireau proprement dit habite dans toute l'étendue du désert, mais il ne se montre guère ; il se tient toujours près de son gîte, et à l'approche du moindre danger. Il y rentre au plus vite. Il est à peu près de la grosseur de la marmotte ; sa couleur est un gris argenté ; ses pattes sont courtes ; sa force est prodigieuse. Un jour nous en surprîmes un assez éloigné de son trou pour qu'on pût l'empêcher d'y rentrer ; il se réfugia dans le creux d'un rocher ; un Canadien le saisit aussitôt par la patte de derrière, mais il eut besoin de l'assistance d'un camarade pour l'en retirer.
D'où vient le nom qu'on a donné au chien de prairie ? Personne n'a pu nous le dire. Pour la forme, la grosseur, la couleur, l'agilité, il ressemble à l'écureuil. et habite en communauté dans des villages qui ont parfois plusieurs milliers de loges ; la terre répandue autour de chaque trou fait un talus qui facilite l'écoulement de la pluie. A l'approche de l'homme, ce petit animal se hâte de rentrer dans son trou en jetant un cri perçant qui, répété de loge en loge, avertit la peuplade de se tenir sur ses gardes. Au bout de quelques minutes, on voit les plus hardis ou les plus curieux mettre le nez à la fenêtre ; le chasseur qui les guette choisit ce moment poux tirer son coup, ce qui demande beaucoup d'adresse, vu qu'ils n'exposent à l'air que le sommet d'une tête fort petite et fort agitée. Quelquefois ils sortent tous ensemble, c'est au dire des sauvages pour s'assembler en conseil. Quel est alors l'objet de leurs délibérations ? Il n'est pas facile de le deviner ; nos pareils sont des profanes dont ils évitent la présence ; seulement, à en juger par les hôtes qu'ils reçoivent, on peut croire que la sagesse y préside. Les habitués du logis sont le pigeon, l'écureuil barré, le serpent à sonnettes ; sympathie singulière qu'on ne peut guère expliquer que par la différence des appétits. Cet animal ne se nourrit, dit-on, que de rosée et de racine de gazon. Ce qui confirmerait cette opinion, c'est la position de leur vIllage, toujours éloignée des eaux, et l'herbe menue qui en tapisse le sol.
Le mephitis-americana, ou la bête puante, est un gentil quadrupède, de la grosseur d'un chat ordinaire, bigarré de différentes couleurs. Lorsqu'il est poursuivi, il dresse sa belle queue touffue, et lance à diverses reprises, à mesure qu'il s'éloigne, une décharge du fluide que la nature lui a donné pour sa défense ; cette liqueur est si infecte, qu'il n'y a ni homme ni animal capable d'y résister. Le bon père Van Quickenborne en fit un jour l'expérience, lorsque nous étions ensemble à Saint-Louis. En revenant avec moi d'une excursion, il vit deux mephitis sur sa route ; et comme c'était la première fois qu'il faisait une pareille rencontre, il crut avoir trouvé deux petits ours. L'envie lui prit de s'en rendre maître et de les emporter dans son grand chapeau ; il descendit de cheval, s'approcha lentement et avec prudence pour s'assurer de la proie qu'il guettait ; il n'avait plus qu'un pas à faire, il étendait déjà le bras et le chapeau ; tout à coup la décharge du fluide eut lieu, il en fut inondé. Bien qu'il fût encore à cent verges de nous, déjà nous sentions -cette insupportable odeur ; pendant plusieurs jours il n'y eut presque pas moyen de l'approcher ; toute la maison était infectée ; à la fin on se vit obligé de détruire tous ses vêtements.
Le cabri, pour la forme et la grosseur, tient du chevreuil ; seulement le bois du mâle est plus petit et n'a que deux branches. Son poil, imitant celui du cerf, est . nuancé de blanc sur la croupe et sous1e ventre ; ses yeux sont grands et très-perçants ; quand il traverse le désert, son allure ordinaire est un petit galop fort élégant ; de temps en temps il s'arrête tout court, se tourne et dresse la tête pour mieux voir ; c'est le bon moment pour le chasseur. S'il manque son coup, le cabri part comme un trait ; mais si sa curiosité le porte à regarder encore ; le chasseur, qui connaît son faible, parait s'amuser en agitant quelque objet de couleur tranchante ; l'animal s'approche de plus près, mais son imprudence cause sa perte. Le cabri est la gazelle ou l'élan des naturalistes. La chair en est saine, mais de moindre qualité que celle du cerf ou du chevreuil ; on ne le tue que lorsque le chevreuil, la grosse-corne, la biche, la vache de bulle manquent.
La grande chasse au cabri est très-remarquable ; les sauvages en font un jour de réjouissance. Ils choisissent d'abord un carré de cinquante à quatre-vingt pieds qu'ils entourent de perches et\ de branches d'arbres, n'y laissant qu'une petite entrée de deux à trois pieds. Des deux bouts de cette entrée, comme du sommet d'un angle aigu, partent en ligne droite deux haies très serrées, qu'ils forment avec des branches, et qu'ils continuent jusqu'à une distance de plusieurs milles. Alors de nombreux coureurs donnent la chasse aux cabris, et les poussent devant eux jusqu'à ce que, les ayant engagés entre les deux haies, ils les serrent de si près, qu'ils sont obligés de se jeter pêle-mêle par la petite entrée de l'enclos préparé pour les recevoir ; là les Indiens les assomment à coups de massue. On m'a assuré que souvent en une seule fois les sauvages tuent ainsi jusqu'à deux cents cabris et au delà.
La chair de la femelle du buffle est la plus saine et la plus délicate des viandes de l'Ouest, et en même temps si commune qu'on peut l'appeler le pain quotidien des sauvages ; ils ne s'en dégoûtent jamais et se la procurent avec la plus grande facilité. Elle est bonne dans toutes ses parties, mais pas également pour tous : les uns préfèrent la langue, d'autre la bosse ou les broches, d'autres les plats-côtés ; chacun a son morceau favori. Pour conserver les viandes, on en fait des tranches assez minces qu'on sèche au soleil, ou bien une sorte de hachis qu'on pétrit avec la moelle des plus gros ossements, la plus exquise de toutes les graisses. Ce hachis, auquel on donne les singuliers noms de taureau et de fromage, se mange ordinairement cru ; mais cuit, il est moins indigeste et de meilleur goût pour les bouches civilisées.
Les formes et la grosseur du bulle sont connues. Cette majesté du désert de l'ouest aime la nombreuse compagnie ; rarement on le rencontre seul. Très-souvent on en voit plusieurs milliers réunis, les mâles d'un côté, les femelles de l'autre, excepté pendant l'été, où le mélange a lieu. Dans le courant de juin nous en vîmes aux environs de la Plate une si prodigieuse quantité, qu'elle devait surpasser, ce me semble (pour me servir encore de l'expression de ma lettre de l'année passée), le nombre des animaux réunis de toutes les foires de l'Europe. C'est en pareille circonstance qu'a lieu la grande chasse. Au signal donné, les chasseurs, tous montés sur des coursiers rapides, se précipitent vers le troupeau qui se disperse à l'instant ; chacun choisit des yeux sa victime, c'est à qui l'abattra le premier ; car, aux yeux du chasseur, avoir abattu le premier buffle, ou plutôt la première vache, plus estimée que le bœuf, c'est un coup de maître. Mais pour rabattre plus sûrement, il doit caracoler autour de l'animal jusqu'il ce qu'il soit à portée de le blesser à mort. Malheur à lui si la blessure qu'il lui fait n'est pas mortelle ! la crainte alors se changeant en fureur, le buffle se retourne brusquement et poursuit à outrance le chasseur.
Un jour nous fûmes témoins d'un de ces revers de fortune qui faillit causer la mort â un jeune Américain. Il avait poussé l'imprudence jusqu'à se dépouIller de ses habits et passer une rivière à la nage et sans armes, dans la pensée que son couteau lui suffirait pour achever une vache blessée. Mais â peine eut-il atteint le rivage, que la vache, en l'apercevant. se retourna vers lui avec furie. Malgré sa prompte fuite, Il se vit poursuivi de si près qu'il allait être la victime de sa témérité, lorsque le jeune Anglais qui nous accompagnait vint heureusement à son secours. Il ajusta l'animal de la rive opposée et d'un coup de fusil l'étendit raide mort.
Quand un de ces fiers animaux est blessé, le comble de la gloire pour le chasseur, c'est de le conduire par une fuite simulée dans un endroit où il peut facilement s'en rendre maître. Le nôtre, nommé John Gray. était réputé le meilleur chasseur des montagnes ; il avait donné plus d'une fois des preuves d'une adresse et d'un courage vraiment extraordinaires, jusqu'à attaquer cinq ours à la fois. Un jour, voulant nous régaler d'un plat de son métier. II se fit suivre jusqu'au milieu de notre caravane, d'un buffle énorme qu'il avait blessé mortellement ; cet animal essuya le feu de plus de cinquante fusils, plus de vingt balles l'atteignirent ; trois fois il succomba ; mais la fureur lui donnant de nouvelles forces, trois fois il se releva menaçant des cornes le premier qui oserait s'en approcher.
La petite chasse se fait à pied. Un chasseur adroit et expérimenté affronte seul tout un troupeau. Pour s'en approcher suffisamment sans être aperçu, il faut qu'il prenne le dessous du vent ; car le buffle à l'odorat si fin que, sans cette précaution, il est capable de sentir l'ennemi à plusieurs milles de distance. Il doit ensuite marcher lentement, courbé le plus possible, avec une casquette à poils sur la tête, de manière à ressembler de loin aux animaux qu'il poursuit. EnfIn, lorsqu'il est arrivé à la portée du fusil, il doit s'embusquer dans quelque bas-fond ou derrière un objet quelconque, afin de rester inaperçu aussi longtemps que possible. C'est alors que le chasseur tire à coups sûrs. La chute d'un buffle tué et le bruit de l'arme à feu ne font qu'étonner le reste du troupeau ; le chasseur a le temps de recharger et de tirer successivement plusieurs coups, aussi longtemps que les buffle hésitent entre la surprise et la peur ; de cette manière il en tue cinq, six, et quelquefois davantage, sans changer de place. Un de nos chasseurs en tua un jour jusqu'à treize. Les sauvages croient que chez les buffles, comme chez les abeilles, chaque trou d'eau a sa reine, et que, lorsque la reine tombe,. tout le troupeau l'environne pour la secourir. Si le fait est vrai, on conçoit que le chasseur assez heureux pour abattre la reine. a ensuite beau jeu avec la multitude de ses sujets. Quand l'animal est tué, on l'accommode. c'est-à-dire on le dépouille de sa peau, on le dépèce. on en prend les meilleurs morceaux, dont on charge sa monture ; quelquefois on ne prend que la langue, et on abandonne le reste à la voracité des loups. Ceux-ci ne tardent pas à se rendre au festin qui leur est préparé, à moins qu'ils n'en soient empêchés par la proximité du camp ; dans ce cas ils remettent la partie à la nuit close. Alors le voyageur novice doit renoncer au sommeil ; leurs hurlements se font entendre sur tous les tons et presque sans interruption tant que dure le festin. A la longue on s'y habitue, et au milieu de tous les loups de la contrée on finit par dormir aussi tranquillement que si l'on était seul.
Il y a différentes espèces de loups, gris, noirs, blancs et bleus. Les loups gris sont les plus communs, du moins ceux qu'on voit le plus souvent. Le noir est très-grand et féroce ; quelquefois il s'insinue dans un troupeau de buffles de l'air le plus paisible du monde ; on ne s'aperçoit pas de sa présence ; mais malheur au jeune veau qu'il rencontre éloigné de sa mère ; il est aussitôt terrassé et mis en pièces. S'ils rencontrent dans le voisinage d'un précipice quelque vieil ours estropié, ils le fatiguent par leurs assauts réitérés, et le forcent à chercher son salut dans le gouffre, où ils n'ont pas de peine à l'achever. Les loups sont très nombreux dans ces parages ; la surface des plaines est remplie de trous où ils se retirent lorsque la nécessité ne les oblige pas à rôder. Ces trous, ordinairement profonds, sont pour eux des abris sûrs contre les chasseurs.
Un petit loup, surnommé le loup de médecine, passe pour une espèce de manitou parmi les sauvages ; ils attachent une idée superstitieuse â son aboiement, qui se fait surtout entendre le soir et pendant la nuit. Leurs jongleurs prétendent comprendre les nouvelles qu'il vient leur annoncer ; le nombre et la lenteur ou la rapidité de ses hurlements servent de règle à leurs interprétations. Ce sont, ou bien des amis qui approchent dans leur camp, ou des blancs qui se trouvent dans le voisinage, ou des ennemis aux aguets prêts à fondre sur eux. Et aussitôt chacun se règle en conséquence. Pour une nouvelle vraie que le loup annonce, les sauvages, comme toutes les dupes, en publieront cent autres controuvées.
Les montagnes renferment quatre espèces d'ours, le gris, le blanc, le noir et le brun. Les deux premiers sont ici les rois des animaux, comme le lion l'est en Asie ; ils ne lui cèdent guère en force et en courage. Cette année. je me suis. trouvé, plusieurs fois en personne à la chasse aux ours, j'y ai même pris part, dans la compagnie de quatre chasseurs têtes-plates qui couraient autour de la bête en jetant de hauts cris. Cette chasse est fort dangereuse, parce que l'ours blessé devient furieux comme le buffle et poursuit à toute outrance son agresseur. En moins d'un quart d'heure, j'en vis tomber deux sous les coups de mes camarades, mais si bien atteints, qu'ils avaient perdu tout pouvoir de nuire.
Les capitaines Lewis et Clarke, dans la relation de leurs voyages aux sources du. Missouri, donnent un exemple frappant de la force physique de cet animal, Un soir les hommes du dernier canot découvrirent un ours couché dans la prairie, à peu près à trois cents verges de la rivière ; six d'entre eux, tous chasseurs adroits, s'avancèrent pour lui livrer bataille. Cachés derrière une petite éminence, ils s'approchèrent à la distance de quarante pas sans être aperçus. Quatre lâchèrent alors leur coup de fusil, et les quatre balles furent logées dans le corps de l'animal ; deux passèrent à travers les poumons. L'ours furieux se leva en sursaut, et, la gueule béante, se précipita vers ses ennemis. Comme il approchait, les deux chasseurs, qui avaient réservé leur feu, lui firent deux nouvelles blessures, dont l'une, lui cassant l'épaule, retarda un instant ses mouvements ; néanmoins avant qu'ils eussent le temps de recharger leurs armes, il était déjà si près d'eux qu'ils furent obligés de courir à toutes jambes vers la rivière. Deux eurent le temps de se réfugier dans le canot, les quatre autres se séparèrent, et se cachant derrière les saules, tirèrent coup sur coup aussi vite qu'ils purent recharger. Toutes ces blessures ne firent que l'exaspérer davantage ; à la fin il en poursuivit deux de si près, qu'ils cherchèrent leur salut dans la rivière en s'élançant d'une hauteur d'environ vingt pieds. L'ours plongea après eux ; il ne se trouvait plus qu'à quelques pieds du dernier, lorsqu'un des chasseurs sorti des saules, lui tira dans la tête un coup qui l'acheva. Ils le traînèrent ensuite sur le bord de la rivière ; huit balles l'avaient percé de part en part.
Tous les sauvages des montagnes confirment l'opinion qu'en hiver l'ours suce sa patte et vit de sa propre graisse ; les Indiens ajoutent qu'avant d'entrer dans ses quartier d'hiver, c'est-à-dire dans le creux d'un rocher ou d'un 'arbre, ou dans quelque trou souterrain, il se purge, puis se remplit de semences sèches qu'il ne digère point. Alors il reste couché pendant plusieurs semaines sur le même côté, le talon d'une patte toujours dans la gueule ; puis il se retourne, ce qu'il ne fait que quatre fois de tout l'hiver.
Les tigres sont très-nombreux dans les parages d'où j'écris ; mais il parait que la peur de l'homme ne les domine pas moins que les autres animaux. Il n'y a que quelques jours, qu'un chasseur indien revenait au camp avec trois belles peaux de tigres de huit à neuf pieds de long depuis l'extrémité de la queue jusqu'au nez. Il avait aperçu leurs traces, et quoiqu'il ne fût armé que d'arc et de flèches, et accompagné seulement de deux petits chiens, il s'était mis hardiment à leur poursuite, jusqu'à ce que, les ayant aperçus dans un arbre, II réussit à les tuer à coups de flèches. Les tigres ont une force extraordinaire dans la queue, et s'en servent adroitement pour étrangler les chevreuils, les grosses-cornes, les cerfs et les autres animaux dont la chair leur sert de nourriture.
Ci-joint vous trouverez la liste des animaux, poissons, oiseaux, arbres, arbustes, fleurs et fruits, que nous avons vus pendant notre voyage :
ARBRES
Aune.
Bouleau.
Cèdres (rouge et blanc).
Chêne.
Cotonniers (trois espèces).
Cyprès.
Frêne.
Erable blanc.
Hêtre.
Mûrier.
Noyers
(de différentes espèces).
Rabajapières.
Sapin et pin (cinq espèces).
Saule.
Sureau.
Tremble.
ARBUSTES ET PLANTES
Absinthe.
Baume.
Cerisier.
Cormier.
Epinette.
Framboisier.
Genévrier.
Groseiller.
Herbe à la puce.
Houblon.
Houx.
If.
Kinnekenic.
Menthe.
Salsepareille.
Tamarin.
Vigne (fruit rouge).
FRUITS
Aiguille d'Adam.
Biscuit (racine).
Cactus americana.
Cerise.
Champignon.
Cotonnier.
Ecorce de sapin.
Framboise.
Fruit de kinnekenic.
Gadelles.
Plantin.
Pomme de sapin.
Pomme blanche.
Poire.
Pois.
Prune de prairie.
Gland d'églantier.
Graine de buffle.
Graine blanche.
Graine du bois gris.
Grappe.
Groseille.
Kamath.
Mûres.
Ognons doux.
Patate.
Racine amère.
Racine du charbon.
Tabac.
Tournesol.
Vigne.
FLEURS
Aiguille d'Adam.
Cactus (trois espèces).
Campanule.
Chanvre.
Chardon (trois espèces).
Corinthienne.
Dominicale.
Eléphantine.
Epinette.
Fleur bleu d'azur.
Fleur bleu de kamath.
Gueule de lion.
Iris (trois espèces).
Joséphine.
Lin.
Lupins (œillet).
Lynchnis.
Lis rose.
Lis Saint-Jean.
Marguerites.
Marianne.
Ognon doux.
Racine amère.
Renoncule.
Sonnette.
Tournesol.
ANIMAUX
Blaireau (deux espèces).
Buffle.
Cabri.
Carcajou.
Cerf de biche.
Chat sauvage.
Chat souris.
Écureuil {dix espèces).
Grosse-Corne.
Lapin.
Lièvre.
Loup (cinq espèces).
Marte.
Mephitis americana.
Mouton blanc.
Cheval sauvage.
Chevreuil à mulet.
Chevreuil à queue noire.
Chevreuil commun.
Chien de prairie.
Chien sauvage.
Cochon de terre.
Orignal.
Ours (quatre espèces).
Porc-épic.
Rat des bois.
Renard (quatre espèces).
Renne.
Taupe.
Tigre rouge.
OISEAUX
Aigle noir.
Aigle nonne.
Alouette.
Avocette.
Bec à l'envers.
Bécassine.
Bois-pourri.
Butor.
Canard.
Caracro.
Cardinal.
Coq des plaines.
Corbeaux.
Cormoran.
Dindon.
Épervier.
Étourneau.
Faisan.
Geai.
Grue.
Hibou.
Hirondelle.
Mangeur des maringoins.
Martin pêcheur .
Moqueur.
Noutka.
Oie.
Oiseau-bleu.
Oiseau-buffle.
Oiseau-jaune.
Oiseau-mouche.
Oiseau-noir.
Oiseau-rouge.
Outarde.
Pélican.
Perroquet.
Pie.
Pique-bois.
Pivert.
Pluvier.
Poule des prairies.
Robin.
Roitelet.
Rossignol.
Sarcelle.
Tourterelle.
AMPHIBIES.
Castor.
Crapaud.
Grenouille à queue.
Grenouille commune.
Loutre.
Rat musqué.
Salamandre.
Tortue.
POISSONS.
Anchois.
Carpe.
Esturgeon.
Mulet.
Saumon (six espèces).
Truite (trois espèces).
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